Ce jour-là au musée, un groupe de Spinaliens est venu découvrir les œuvres sur bois. La semaine précédente, ils étaient venus des États-Unis et celle d’avant de Suisse.

Le jeune musée des Mille et une racines affiche un bilan positif pour sa première année d’existence. Ce lieu est l’histoire d’un homme Michel Maurice et de sa famille. Cet ouvrier vosgien s’est lancé dans la sculpture sur bois dans les années 1950-1960 et n’a cessé de parcourir le massif pour y trouver des bouts de bois dessinant des silhouettes humaines ou animales, voire féeriques. S’inspirant du mouvement de ces morceaux de bois, il les sculptait légèrement afin de faire apparaître aux yeux de tous ce qu’il y avait vu.

À la mort de l’artiste, ses six enfants ont pris le relais en créant un musée, comme il l’avait demandé. « Des artistes et des familles sont venus nous voir, pour comprendre notre organisation », explique Élodie Derdaele, fille de Michel Maurice et présidente de l’association. Une telle procédure aurait en effet pu être source de conflits mais il n’en a rien été. « Notre conseil d’administration est constitué de trois parties : les ayants droit (les enfants de l’artiste), les adhérents et la commune car elle nous subventionne », justifie Élodie Derdaele.

Déménageant les œuvres de la maison familiale, les enfants les ont transportées dans un lieu aux normes pouvant accueillir du public, notamment à mobilité réduite.

La jeune association a eu de la chance dans sa création. Roger Nicaise, son trésorier, était fraîchement retraité des ressources humaines à la CCI quand il s’est présenté bénévolement. Les Mille et une racines ont également pu recruter un contrat d’avenir, dont une partie du salaire est versée par l’État. « Cette personne restera trois ans et après il faudra voir où nous en sommes financièrement », indique Élodie Derdaele.

Le loyer de l’association, fixé par l’intercommunalité, pèse considérablement sur son budget mais elle cherche à diversifier ses recettes. « La commune de Cornimont fait beaucoup pour nous financièrement. Elle nous subventionne et nous aide pour les travaux d’installation. Mais nous tentons de nous développer pour être plus autonomes financièrement », assurent les responsables. Les entrées et les produits dérivés sont en hausse. Le musée compte aussi sur ses adhérents et les dons, déductibles des impôts.

Julia MARITON